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Modèle de Rétablissement

  Le modèle de rétablissement est un ensemble d'outils permettant de se fixer des étapes, de se situer lorsqu'on est en état de reprendre sa vie en mains. Le moratoire, la conscience, la préparation, la reconstruction, la croissance : Suite à un choc, à une hospitalisation, il est possible de reconstruire sa vie par étapes, de la prise de conscience jusqu'à un état de bien être et d'autonomie. Les étapes sont détaillées ici : https://schizinfo.com/se-retablir/5-etapes-vers-retablissement / Le rétablissement amène à renforcer certaines aptitudes personnelles : espoir, identité, sens, responsabilité.   Les composantes du modèle de rétablissement psychologique d'Andresen et al. (2003) sont les suivantes : 1. L’espoir est une attente par rapport à des relations ou buts futurs que la personne malade considère comme étant possibles. 2. L’identité correspond aux caractéristiques qui font que la personne malade se sent unique et sait qui elle est. 3. ...

(Re-)devenir acteur de sa vie

Après une crise, on peut multiplier les thérapies et, pourtant, ne pas parvenir à reprendre l'initiative sur sa vie et son avenir. Il y a pourtant des solutions : l' empowerment , le rétablissement , votre capacité de résilience doivent être associés à des aides extérieures :  psychothérapie, médicaments, entraide aux sein d'un groupe d'entraide mutuelle, coaching, aide d'un pair-aidant...  Cependant, tous ces moyens pour aller mieux doivent d'abord s'accompagner de trois facteurs : S'affirmer, renforcer son pouvoir décisionnaire, faire preuve d'esprit critique :  Osez dire les choses à votre entourage  Engagez des démarches par vous-même  Prenez plus de décisions dans votre quotidien  Exercez votre esprit critique par l'échange verbal, par exemple en réagissant sur l'actualité qui vous touche.      En développant ces capacités, vous parviendrez à rebondir et à vous épanouir...

Pair-aidance et activités en service hospitalier

Un Diplôme Universitaire de pair-aidance a été mis en place, notamment à Grenoble, Tours, Angers et Lyon . Il s'adresse aux ex-patients stabilisés, qui souhaitent placer leurs compétences au service d'autres patients. Les pair-aidants peuvent ensuite être intégrés aux équipes soignantes, pour exprimer le point de vue des usagers, et leur venir directement en aide. Ils sont formés pour utiliser des outils de soin  appropriés, comme l'écoute active, les visites à domicile, le rétablissement, l'animation d'ateliers. Leur "compétence expérientielle" peut être appréciée, pour mieux comprendre les patients en difficulté, ou même en crise. Mais le premier problème des personnes hospitalisés, c'est l'ennui, qui prédispose au repli sur soi, voire aux conflits entre patients. Le manque de moyens en personnel ne permet plus, depuis des dizaines d'années, aux soignants d'accompagner la journée des patients, mais les réduit aux soins. Dans ce contexte, ...

Douce folie et entraide

 Les "fous" ont toujours fait peur, c'est une image atavique, généralement associée à la délinquance. Les faits-divers aggravent cette perception erronée. En réalité, les malades mentaux d'aujourd'hui disposent de médicaments, élaborés et testés par des entreprises pharmaceutiques internationales, et, pour la plupart d'entre eux, les prennent tous les jours. Il faut juste ne pas avoir peur de la pleine lune 😁🤣 : un peu de joie, d'excitation, ou d'idées un peu folles, de temps en temps ! Entre nous, nous partageons nos connaissances, au sujet de la maladie et des médicaments, et nous nous soutenons mutuellement ! Cela est beaucoup plus facile, depuis 2007 et la mise en place des Groupes d'Entraide Mutuelle (GEM), les Agence Régionales de Santé permettant de financer un local commun, des animateurs et des activités proposées gratuitement, pour éviter l'isolement.
 L'hôpital zoo Les soignants qui parcourent les allées des hôpitaux nous voient sous un certain jour. Ils parcourent les chambres et les couloirs vêtus d'un uniforme, ou connus de tous, avec un statut bien défini et intériorisé : psychiatre, infirmier, aide-soignant. Les patients sont dans leur chambre, ou dans les couloirs, dans des positions statiques, qui peuvent sembler ridicules. Nous sommes très sédentaires, et n'avons pas toujours le droit de sortir du service. Ils peuvent confondre l'apparence que nous donnons à ce moment-là, avec ce que nous sommes vraiment, en tant que personne. En effet, un soignant a des difficultés à imaginer un patient, ailleurs que dans un lieu de soin. Le langage de l'hôpital n'est pas forcément celui parlé en famille, ou  avec les amis. Lorsqu'on évoque les questions de normalité sociale, on se heurte à un mur d'incompréhension. De plus, ils ont des représentations sociales surprenantes. Je pense qu'...

Stigmatisation, santé psychique et Covid 19

Les personnes souffrant de maladies psychiques peuvent être stigmatisées du premier regard, à cause de leurs vêtements, ou de leur apparence physique, par exemple. A partir de quelques détails, un nouvel interlocuteur peut imaginer que ces personnes sont violentes, ou malhonnêtes, en fonction de ses propres préjugés. Ce n'est pas parce qu'on porte des lunettes qu'on est bête, ce n'est pas non plus parce qu'on est gros et grand qu'on est violent ! Ces détails peuvent constituer une stigmatisation, c'est à dire une marque reconnaissable, comme tatouée au fer rouge.Les esclaves l'étaient parfois dans l'Antiquité (voir l'ouvrage La stigmatisation en santé mental e, ed.Masson). Ce type de différenciation ne repose que sur des détails observables, et ne justifient pas du tout qu'on en tienne compte pour déterminer s'ils sont compétents, ou fréquentables, sympathiques, genti...

Médicaments et normalité sociale

  Les psychiatres souhaiteraient, comme nous, que nous soyons toujours en bonne santé.   Pour atteindre ce but, il y a deux solutions   :   Soit la sécurité. C'est-à-dire d'assez fortes doses de médicaments, qui ont un effet sédatif important, et peuvent aussi limiter les capacités de raisonnement et d'interactions sociales. Mais cette solution peut permettre une vie stable, voire éviter la survenue de crises.   Soit des traitements plus légers, qui ont l'avantage de mieux préserver les capacités, socio-affectives notamment, mais font courir davantage de risques à l'usager : en cas de perturbation durable de la vie quotidienne, de stress durable, le psychisme peut être perturbé, au point parfois de provoquer une crise thymique ou psychotique.   Le choix, selon moi, est vite fait : mieux vaut courir des risques, et "vivre une vraie vie" !